Evelyne et Jean Louis DELTOR 1966-67

Mlle Evelyne DELTOR 47130 BAZENS

Bazens le 1er Mai 2013

 

J'avais 8 ans en Aout 1966 et en sommes repartis en Mars 1967. J’y étais avec mon frère Jean-Louis. Il me semble que le plus jeune enfant, (en souvenir) que j'ai connu à l'enfant roi, s'appelait Didier vecoutchi (un nom de ce genre-là...enfin... phonétiquement!)Ce garçon vivait et a fait ses premiers pas à l'infirmerie, il avait une malformation au niveau des intestins, il avait un trou sur le côté du ventre et une tripe en sortait. Je me souviens qu'il a subit une chirurgie plastique (de l'époque) mais c'était bizarre à voir, ça faisait une grosseur (comme un verre renversé d'une épaisseur de 3 ou 4 cm, enfin...ce n'étais pas beau à voir!).
Le temps que nous y sommes restés avec mon frère, il a eu qu'une seule visite... sa maman, je crois! Elle était brune avec les cheveux longs.
Ce petit garçon était très gentil, et c'était le "bébé" de tous les enfants du centre.
Le centre de par lui-même était très grand, boisé. Des genres de piscines, pour nous rafraichir, mais.....on ne s'en servait jamais ! J’ai était 2 fois à l’infirmerie (mon frère aussi d'ailleurs) il y avait une grosse espagnole qui faisait réchauffer la nourriture, pas très aimable du tout. La directrice du centre était très aimable, ainsi que les cheftaines (c'est comme ça qu'ont les appelées) sauf une, qui a était mise à la porte illico presto, car elle m'a fait manger mon vomis. J’avais vomis dans mon assiette les choux fleurs qu'elle m'avait forcés d’avaler (je n'aimais pas les choux fleurs).Il y a eu une mutinerie dans le réfectoire, les cuistots sont arrivés, comme je pleurais de toutes mes larmes, les gamins ont expliqués ce qu'il se passait, le chef cuistot à convoqués la directrice et la cheftaine a été virée sur le champ. Quand nous avons quittés le centre en mars, il neigeait et une entreprise en bâtiment avait démontés les gradins du fronton pour faire des nouveaux bâtiments.
 


Bâtiment lingerie et classe.

Dans ce bâtiment, il y avait la lingerie. Ah…l’odeur de la lingerie, c’est très particulier…cette odeur de tous ces pleurais, j’hurlais à m’époumoner…même mon frère n’arrivait pas à me calmer…alors les cheftaines, encore moins !). Puis il y avait un grand préau et, ma classe que j’ai gardée tout le temps de mon séjour.

 

Salle de Classe 

Le sol de ma classe représentait une grande mosaïque , je ne sais plus, si ça représentait la carte de la France ou celle du Pays Basque. A l’étage : les dortoirs, toujours à gauche celui des garçons et, à droite celui des filles. Les douches étaient vieilles et, en tôle (celles du bâtiment B étaient carrelées) Ce bâtiment paraissait plus ancien. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé une nuit, mais le lendemain matin, beaucoup d’enfants étaient agités, et certains parlaient à voix basse de ce qu’ils avaient vu et entendu …dans la nuit !

Et il restait des traces de sang sur le sol à l’extérieur. 

Mais, comme j’étais très timide et peureuse, je me .........ses passages. Ce boitier, se trouvait sur le mur, près de mon lit à mi dortoir. Même si, elle évitait de faire du bruit en le remontant, ça me réveillait. Des fois, elle s’asseyait au fond de mon lit et on chuchotait. Elle n’hésitait à nous réveiller pour aller aux toilettes, surtout ceux qui faisaient pipi au lit. Elle était très gentille.

Pendant ces trois saisons, été, automne est hiver, j’ai vu sur l’océan, des couleurs formidable, toutes sortes de bleus, des verts et des gris…à en faire rugir bon nombres, d’artistes peintres avec leurs palettes !

 

Une des salles de classe. Coté Est, derrière les carreaux opaques, il y a le cabinet médical et salle de jeux …etc. A la grande porte, Est, c’est l’entrée et les sanitaires. Coté fenêtres Ouest, il y a le grand jardin.

Elle servait de classe, mais aussi de salle de télévision, cinéma et en ouvrant des grandes portes derrière l’écran, il y avait un autel, pour l’office religieux du dimanche.

 

Au rez-de-chaussée…cotés droit, le centre pour les nourrissons, les handicapés sur chaises où lits roulants, centre médical (visite tous les vendredis devant le médecin). Cotés gauche, salles de classes. A l’étage, il y avait un grand dortoir, séparé en deux sur toute la longueur…côté Gauche…les garçons (peut-être les pins… comme nom et chez les filles cotés Droit, il me semble que le nom c’était les caravelles ou hirondelles !).

 

 

Cuisine, réfectoire, infirmerie à l’étage.

Au rez-de-chaussée, il y avait les cuisines, le fameux grand réfectoire là où cette cheftaine blonde avec les cheveux long, m’a fait remanger tous mes choux fleurs que j’avais vomis dans mon assiette. Il y a eu une grosse mutinerie dans le réfectoire…tous les enfants se sont mis à crier, hurler et à taper dans leurs assiettes, les cuistots sont arrivés mais, comme je pleurais de toutes mes larmes, les gamins ont expliqués ce qu’il venait de m’arriver, le chef cuistot à convoqués la directrice et la cheftaine a été virée sur le champ.

J’ai recommencé à manger des choux fleurs à l’âge de vingt ans. Mais, je garde en moi le souvenir de cette vision, qui me suit depuis l’âge de mes 8 ans.

 

 

Il y avait une grande pièce avec lavabos, sanitaires et porte-manteaux. A l’étage, la grande infirmerie avec des box de deux à quatre lits et au fond le petit réfectoire (avec ma grosse espagnole qui faisait réchauffer la nourriture), elle n’était pas aimable du tout…Par contre, je me souviens qu’ un jour, elle faisait sa toilette dans l’énorme bac à vaisselle si bien qu’une fois nue, elle a glissé dans le bac, et c’est une cheftaine de l’infirmerie qui la relevée, je pense qu’elle avait dû se faire mal, car elle a été absente pendant quelque temps. Quand elle se lavait, nous avions ordre de rester dans nos box…mais comme le bas des box étaient fabriqué en pavé de verre et le haut en vitre transparente, nous, nous réunissions dans le box près de la cuisine…pour se moquer d’elle ! La visite du Père-Noel (tous les enfants du centre ont eu un jouet) Tous les enfants ont eu un beau jouet…sauf moi ! Quand il a fallu faire son choix du jouet sur la liste, je me suis rappelés que m’a mère nous disait qu’il ne fallait pas être envieux, alors, je n’avais rien cochés.(Nous étions une famille très pauvre, donc pour les jouets, c’était plutôt rare à la maison) Quand le Père-Noel est arrivé à l’infirmerie, de sa hotte, il a sorti de jolies poupées pour les filles, des voitures, des camions…etc. pour les garçons et, pour moi, le jeu du nain jaune ! J’étais triste est déçue…heureusement qu’un bonbon m’a soulagé de ma déception ! Mon frère avait eu un char sur chenille en caoutchouc, et à chaque tour de chenille, le pilote du char se soulevait de sa tourelle. Je me souviens très bien de ce bébé que j’ai vu grandir et faire ses premier pas, uniquement à l’infirmerie, il s’appelait Didier Vecoutchi (un nom phonétiquement…comme celui-là !) il avait une malformation au niveau des intestins. Ça lui faisait un trou sur le côté de son ventre et une tripe en sortait…il a ensuite subi une opération chirurgicale, puis plastique, ça faisait bizarre à regarder, ça ressembler à un verre renversé d’une épaisseur de 3 où 4 cm, ce n’étais pas beau à voir ! Tout le temps, que nous sommes restés dans le centre, il n’a eu qu’une seule visite…sa maman, je suppose ! Elle était très brune avec les cheveux longs. Dès que nous tombions malades, nos jours s’allongeaient…si bien qu’avec mon frère, nous y sommes rentrés pour 3 mois et en sommes ressortis 9 mois après. Ma mère, encore vivante se rappelle bien de cette mauvaise période. Elle vient de me raconter, que pendant notre séjour dans le centre, et trouvant le temps trop long de notre absence… (Mes parents n’ayant jamais eu de voiture, donc pour nous, nous les avons vus début juillet 1966, quand ils nous ont emmené à l’Enfant Roi, et fin mars 1967 pour nous récupérer…avec pertes et fracas !) Et… oui ! comme notre séjour se prolongeait…dès qu’on tombait malade. Elle a commencé à faire de la dépression, en a fait part aux services sociaux de la Sécurité Sociale d’AGEN (L&G) en leur disant que si on ne lui rendait pas ses enfants, elle mettrait fin à ses jours. Ceux-ci, voulaient l’interner et l’on envoyé consulter un médecin à l’hôpital psychiatrique de « La Candelie » auprès d’Agen. Elle lui a expliqué son désarroi, et bien sur notre cas, et le « psy » à bien vu, qu’elle n’était pas folle, il a fait le nécessaire auprès des services sociaux de la Sécurité Sociale pour qu’elle puisse venir nous récupérer… !                    

 

Bâtiment le long du mur du Fronton

 

 

Le bâtiment faisait toute la longueur du mur du fronton. A l’étage on y faisait la sieste été comme hiver, c’était fermé uniquement sur trois cotés…et, je sais que l’hiver, même sous notre couverture nous grelotions…surtout quand il pleuvait ! Nous faisions pièce commune avec les garçons. Mais leurs transats étaient contre le mur, et nous…coté rambarde. Nous devions dormir à plat ventre…sinon, c’était des coups de baguettes qui… tombaient ! Les murs intérieurs en L sur une grande cour…c’était le fronton. Il y avait deux grands bacs en ciment…avec des jets d’eau au centre, qui servait de piscine…mais comme ça fuyait, on ne s’en servait pas…le béton était fendu !

Par contre, quand nous avons quitté le centre, avec mon frère, les gradins ont été démolis pour laisser la place à des nouveaux bâtiments (je me souviens, qu’un gamin était tombé dans une tranchée, et c’était cassé la jambe, il a été envoyé à l’hôpital et a fini à l’infirmerie avec un plâtre.

 

Nos promenades, étaient autour du centre, dans les chemins de terre et nous traversions des grandes prairies avec des fougères. Ça nous arrivait de traverser l’autre centre, peut être une colonie. Puis nous allions à l’océan nous baigner. Nous y allions à pied. Une des plages était assez éloignée, vers la direction de Saint Jean-de-Luz. Dès que nous arrivions au sommet de la cote, on descendait un sentier, et nous étions directement sur les rochers…il y avait pleins d’oursins !                                                                

L’autre plage, en face de la route qui mène au centre, était une plage avec du sable, des petits rochers avec des crabes, étoiles de mer et des anguilles, et un énorme rocher sur lequel on y montait dessus. Une grande piscine en béton qui pour nous, l’accès y en était interdit, mais on marchait sur son large mur. Je me souviens qu’un grand de la grande maison qui est près de la plage, m’y avait faite tombée dedans, une cheftaine est venue à mon secours !... 

 

Voilà, tous mes souvenirs qui ont ressurgis en moi, ces dernières heures, pour vous raconter mes neuf mois passés à « L’Enfant Roi ».