Philippe .RUSSAC 1972-78

 

J’ai séjourné de 1972 à  1979 chaque été de juin à août de l’âge de 5 ans à 12 ans.

Pendant mes années passées à l’enfant roi, le directeur s’appelait  M.Durandeau, il dirigeait la colonie avec le docteur du site M. Labèque, il était grand avec les cheveux blancs. La secrétaire c’était Mme Lafourcade.

 

Quand les parents venaient nous voir, nous allions passer une nuit dans une pension d’hôtel au Boucau et la plage de sable se trouvait à Tarnos.

Un mot sur les tenues de la colonie :

Bermuda bleu marine à carreaux pour les grands et ‘’Chandail’’ rouge pour tout le monde.

Les tout petits étaient en rouge entièrement.

Quand il faisait trop mauvais temps sur plusieurs jours, on nous faisait mettre un chandail en laine plus épais et toujours rouge.

Pour mettre ces tenues à laver, le soir dans le dortoir,  la monitrice installait un drap sur le sol et on faisait deux piles de chandails et de bermuda. Le drap était fermé avec un nœud et le matin on portait tout cela  à la lingerie, pour ceux qui faisaient pipi au lit, le matin les draps étaient mis  à part pour la lingerie.

Le retour à la colonie était très dur, deux jours avec les parents passaient trop vite et on était triste de les quitter !

L’ensemble rouge que l’on portait était kitch et rappelez –vous de ce maillot de bain rose foncé que l’on nous fournissait, ridicule !

Et le maillot, Rose ! Excellent … dans les trois dernières années que j’ai passées on avait le droit d’emmener son maillot personnel, heureusement !

 

Il y avait aussi la colonie ‘’Nestlé’’ juste devant la cure, on y accédait en passant devant le château. Une fois on y a fait une escapade car on nous insultait à travers le grillage, mais rien de méchant.

 

Je dois aussi revoir ma monitrice préférée, Annick Lefebvre qui habite Bayonne et que j’ai contactée pour la rencontrer cet été. Cela va être un moment de bonheur car cette personne a été une maman pour moi.

Si avec mon frère on a été placés dans cette colonie, c’est par ce que notre maman était sur un fauteuil roulant avec la sclérose en plaque et elle n’avait que vingt-cinq ans.

Nous mettre dans cette colonie reposait mes parents et pour nous c’était des vacances.

Quand on a été placé très petits, cinq ans pour moi et quatre ans pour mon frère cela a était très dur. Mais au fil des années on s’est habitué et avec de super monitrices qui nous ont donné de la tendresse, on ne voulait plus partir.

Les dernières années furent géniales et c’était vraiment des vacances.

 

Entre 1972 et 1980 les monitrices s’appelaient : Annick LefebvreEstelleAnnie Dupin et Christine, ce sont les monitrices que j’ai eu et que j’ai bien apprécié. Il y avait aussi Maité, l’infirmière, très gentille et qui s’occupait très bien de nous.

Il y avait aussi, Jean-Paul l’homme à tout faire (cantonnier, bricoleur) seul homme avec le docteur de la colonie.

 

Je me rappelle aussi qu’il existait des cartes postales de l’enfant roi, avec dessus l’intérieur du réfectoire, le fronton etc. ….

Le réfectoire à mon époque avait des volières à l’intérieur en verre avec des tourterelles dedans et on voit tous cela sur ces cartes postales

 

Pour la promenade jour de pluie, on faisait la queue à la lingerie pour une distribution de ‘’cape’’ en coton ! Anecdote d’ailleurs : une fois bien trempées ces capes pesaient une tonne.

Quand on partait en promenade avec ces fameuses capes, on faisait des lances avec des fougères et aussi des sifflets avec l’écorce des glands qu’on glissait entre nos doigts !

Les noyaux d’abricots, je faisais un trou en frottant l'extrémité tout le long du mur où sur le sol, pour en faire un sifflet, à bon souvenir !

Que de bon souvenir….. Mes trois dernières années passées à l’enfant roi ont étaient  vraiment magique et de vrais vacances surtout !

 

Pendant toutes les années passées à l’Enfant Roi, j’ai toujours connu une clôture chez les Oursins qui parquait les  enfants handicapés ou trisomiques.

Cette clôture n’apparait pas sur la vue aérienne.

A part les monitrices, aucune personne n’avait accès à cet endroit.
Je pense qu’il n’y avait pas de groupe les ‘’ oursins ‘’avant 1970.

Il y avait pas mal d’enfants handicapés à l’infirmerie aussi et vue le nombre d’enfants malades qui a dû augmenter, ils ont du faire ce groupe.

Les parents nous laissaient un peu d’argent sur un compte à l’accueil.

Les deux dernières années, on pouvait passer des commandes par écrit pour des bonbons (carambar, sucette, réglisse, chocolat etc…) et on allait au RDC du château récupérer cette commande dans une grande enveloppe deux ou trois jours après.

Moment de partage avec les copains aussi génial, car tout le monde n’avait pas d’argent sur un compte, bien sur tout était mangé dans la demi-heure.

 

On y allait le soir de temps en temps en pyjama avant de se coucher, pour se divertir.

Il y avait un grand Tourniquet, une balançoire pour les petits et une grande balançoire pour les grands.

Moi je me rappelle bien du tourniquet et de la grande balançoire, on faisait tourner le tourniquet (en haut sur la photo) à toute allure à plusieurs et on s’asseyait au dernier moment pour tourner ! Même souvent on se rappait les ‘’plastiques’’.

 

La grande balançoire était un ‘’madrier’’ en long (à gauche sur la photo) et on s’y mettait à plusieurs dessus, 2 grands se tenaient debout à chaque extrémité en se tenant à deux barres de fer et ils nous faisaient monter le plus haut possible et on chantait tous en cœur « allez-y poussez poussez les enfants de bayon..ne ! allez-y poussez poussez les enfants boyonnais »

 

De nos jours, les balançoires ont changées, mais ils ont gardés cet endroit qui a un superbe point de vue sur l’océan pour y faire jouer les enfants.

Ce lieu restera à jamais plein de rires d’enfants…….

 

La dernière année que j’ai passé à l’enfant roi en 1979, la bergerie était loué à un groupe d’enfant mixte avec des moniteurs qui étaient  hors colonie et qui ne mangeaient  pas avec nous, et ne faisaient aucunes sorties avec nous.

Seule chose que l’on a faite avec eux est un match de foot qui s’est joué sur le fronton et que l’on a gagné 11-2, et oui je me rappelle bien du score ! J’avais marqué ce jour-là 5 buts, l’enfant roi était vainqueur de la bergerie !

 

La bergerie était un bâtiment à part,  avec des classes, préaux et un réfectoire ….

Réfectoire central au-dessous de l’infirmerie. Photo 1991 de Bernard Véga 1966-1968.

Pendant toutes les années que j’ai passées à l’enfant roi, tous les enfants mangeaient dans ce réfectoire central.

Il me semble que lorsque l’Enfant Roi a ouvert ses portes, certains bâtiments  comme la bergerie et celui des petits avaient leur réfectoire et préau personnel, les groupes ne se mélangeaient pas.

Je pense que pour des raisons de pratique, la direction a réuni tous les enfants dans ce réfectoire ‘’central’’.

 

 

Bâtiment du réfectoire et infirmerie.

Quand on arrivait le premier jour c’était le chemin que l’on prenait avec une lingère qui nous récupérait pour allait à la lingerie pour s’habiller et laisser nos affaires personnelles.

Après avoir dépassé le bâtiment du réfectoire, il y  avait une petite côte, puis arrivé en bout de cette cote on avait une vue d’ensemble du fronton, la lingerie se trouvait sur la droite.

 

On aperçoit bien sur la droite la lingerie et le chemin qui mène à la bergerie.

L’entrée du réfectoire et infirmerie se faisait coté fronton en bout du bâtiment, idem pour l’infirmerie, on montait un escalier pour y accéder, au-dessus de l’entrée du réfectoire.

En bout du bâtiment de l’infirmerie se trouvait cette entrée abritée avec une cloche sur le toit et on n’a jamais mis les pieds dans cet endroit et franchement je ne sais pas ce qu’il y avait dedans ! Eglise ? Hôtel religieux ?

 

 

1er étage petit bâtiment:

Dortoir des petits « hirondelles et « grillons »

 

Eté 1973 mon frère Didier Russac est tombé du 1er étage de ce bâtiment, 3ème fenêtre en partant de la gauche. Il était assis sur la fenêtre en train de contempler le paysage à sept heure du matin et personne ne surveillait les enfants, un enfant c’est lancé en faisant le taureau et la poussé par la fenêtre.

Il a fait une chute de cinq mètres la tête la première sur le trottoir, il n’a pas perdu connaissance de suite et a remonté les escaliers. Arrivé en haut de ces escaliers, il a eu un malaise et a re-dégringolé les escaliers, la monitrice la retrouvé en bas des escaliers comateux.

 

Le Samu est venu pour le récupérer et l’emmener sur l’hôpital de Bayonne, résultat : fracture de l’os du rocher et plusieurs contusions !

Depuis ce jour des barreaux ont été installés à chaque fenêtre des bâtiments des petits.

Cet accident fait partie des histoires connues de la colonie et les personnes de l’époque doivent s’en rappeler.

Moi pour ma part je me souviens qu’on ne me l’a pas annoncé de suite, j’étais au réfectoire en train de déjeuner et quand le groupe de mon frère est arrivé, la phrase qui m’a marqué et qui me restera toute ma vie en mémoire, c’est celle de plusieurs enfant qui me disait « ton frère c’est cassé le crâne », bien sûr je ne le croyais pas. Ne voyant pas mon frère avec son groupe, c’est vrai que j’ai commencé à me poser des questions ! et dans les minutes qui suivirent, la directrice est venu me voir pour me dire que mes parents arrivaient pour venir me chercher et que mon frère était déjà avec eux, de finir mon déjeuner et aller à la lingerie pour me changer, je pensais à une visite des parents.

Les années suivantes, cela ne nous a pas empêchés de revenir à l’Enfant Roi et d’ailleurs  depuis on surnomma mon frère le cascadeur.

 

Petit dortoir (mon dortoir).

 

C’était le dortoir des ‘’PINS’’, il était divisé en deux, petit dortoir et grand dortoir.

Le soir avant de se coucher, les enfants du petit dortoir se lavaient les dents uniquement et ceux du grand dortoir prenaient la douche et le jour suivant on tournait.

Sur la photo au fond tout droit la porte des douches et lavabos, à droite au fond, un box fermé à clé ou y était entreposé les affaires personnelles des enfants, seul la monitrice avait la clé !

Sur la gauche derrière la cloison de carreau en plastique se trouvait le groupe des filles ‘’les caravelles’’ et interdictions de regarder à travers, bon  on regardait en cachette mais on ne voyait que des silhouettes étant donné que les carreaux étaient légèrement opaques.

Que de bon souvenir.

 

Toujours le dortoir des pins, mais le grand, sur la photo d’avant c’était le petit, on aperçoit même le château par une des fenêtres.

 

Sur la photo on aperçoit un autre box qui lui était ouvert avec 2 lits dedans et c’est la veilleuse de nuit qui s’installer dedans et les 2 dernières années c’est là où je dormais avec un autre enfant, on était les plus anciens et plus âgé de la colo et on nous avait mis ensemble !

 

Anecdote sur certaines soirées ou nuit !

La dernière année, les monitrices des ‘’ PINS ‘’ (Annick) et des ‘’ CARAVELLES’’ (Christine) comme elles étaient amies et que les dortoirs se touchaient, elles  nous autorisaient à aller dans le dortoir des filles pour passer un moment sympa ! bien sur tout le monde en pyjama !

Certaines nuit, quand les monos étaient parties, on arrivait à faire passer les deux plus minces, dont mon frère, par la porte du dortoir qu’on tirait et  qui était souple,  ils se faisaient la courte échelle pour enlever un crochet en hauteur que mettait la veilleuse de nuit et voilà on aller chez les filles fleureté et oui premier baisé pour moi à l’enfant roi !

Il y en avait un qui faisait le guet pour surveiller l’arrivé de la veilleuse de nuit qui s’appelait « CAMION » en plus elle était costaud comme un camion, mdr…..

Au signal on repartait à toute allure dans nos lits ou les plus courageux comme moi se planquaient sous le lit des filles et on attendait ! Celui qui se faisait prendre avait comme punition de passer la nuit dans le dortoir des oursins et bien sûr je me suis fait choper une nuit…. Et là je n’étais pas fier car, lit cage pour les plus petits et toute la nuit entendre des gémissements et surtout subir l’odeur d’excrément de ces enfants handicapés ! Cela ne m’a pas empêché de recommencer mes escapades la nuit, sans ne plus me faire prendre……

Super souvenir……